Retraite TNS vs président de SASU / SAS : le point de bascule du PASS 2026 (48 060 €)

Si vous êtes président de SAS/SASU et que vous regardez une bascule vers une logique TNS (EURL/SARL), la retraite est l’objection n°1. Et c’est normal : la plupart des dirigeants ne savent pas comment la retraite “se fabrique”, donc ils raisonnent au raccourci :

“salarié = mieux couvert = meilleure retraite”.

Le problème, c’est que cette phrase mélange deux choses différentes :

  • la retraite “automatique” (cotisations imposées)
  • et la retraite “optimisée” (cotisations pilotées)

En réalité, vous ne “perdez” pas votre retraite en devenant TNS. Vous changez surtout de logique : vous passez d’une retraite subie à une retraite pilotée, à la carte.

 

1) Le chiffre qui change la discussion : le PASS 2026 = 48 060 €

En 2026, 1 PASS (Plafond annuel de la Sécurité sociale) vaut 48 060 €
C’est un seuil décisif parce qu’il sert de repère à plusieurs mécanismes, et notamment au découpage des tranches de retraite complémentaire côté salariés/assimilés.

Traduction simple :
➡️en dessous d’environ 1 PASS (48 060€ net pour un TNS, ou 48 060€ brut pour l’assimilé salarié), l’écart de retraite entre TNS et assimilé salarié (président de SAS / SASU) est souvent beaucoup moins spectaculaire que ce que les idées reçues laissent croire. 
➡️au-delà, la différence devient structurante : c’est là que la stratégie compte.

 

2) Comprendre les 2 étages : base + complémentaire

La retraite, c’est deux systèmes empilés :

A) La retraite de base (le socle)

La retraite de base est historiquement alignée sur le régime général : ce n’est pas “un autre monde” pour le TNS. Ici, Il n’y a pas de différence majeure entre TNS et assimilé salarié

B) La retraite complémentaire (l’étage “points”)

Côté salarié / assimilé salarié, c’est la logique Agirc-Arrco, avec une assiette découpée en tranches :

  • Tranche 1 : jusqu’à 1 PASS
  • Tranche 2 : entre 1 et 8 PASS 

 

3) Le point clé qui rassure : en dessous de 1 PASS, l’écart est souvent faible

Beaucoup d’idées reçues viennent d’une confusion. Les gens pensent que tout est différent… alors que jusqu’à ~1 PASS, la mécanique est souvent quasi comparable dans l’esprit.

En 2026, 1 PASS = 48 060 €

Traduction simple :
➡️ Un TNS, sur ses premiers 48 060 € de revenu net, peut générer des droits retraite très proches de ceux d’un assimilé salarié dans la zone “PASS”, tout en supportant un coût social plus faible (à situation comparable). En fait, on peut même dire que l’écart est infime. Pour rappel, un assimilé salarié (président de SAS/SASU) supporte un taux de cotisations sociales d’environ 75 %, tandis qu’un TNS se situe généralement dans une fourchette comprise entre 50 % et 20 %. Oui, il est possible de réduire les charges sociales tout en conservant des droits à la retraite comparables. En revanche, attention : il existe plusieurs façons d’atteindre cet objectif, et le bon choix dépend de votre situation.
C’est exactement pour ça que, dans beaucoup de petites structures, le vrai sujet d’optimisation n’est pas “salaire vs dividendes”, mais structure de statut.

Si l’optimisation de la rémunération vous intéresse, nous vous invitons à consulter notre page d’accueil.

Ainsi que notre guide : Optimiser sa rémunération en SASU / SAS : salaire, dividendes ou changement de statut (sous 180 000 €)

 

4) Là où la différence commence vraiment : au-delà de 48 060 € (entrée en Tranche 2)

C’est ici que le sujet devient stratégique.

Pour un président de SASU (assimilé salarié), le PASS se compare au salaire brut : le brut sur la fiche de paie, soumis à cotisations (ce n’est ni le net, ni le coût total entreprise). Donc, à partir de 48 060 € brut pour l’assimilé salarié on entre en tranche 2.

Alors que pour le TNS, on prend le revenu net pour comparer. Donc, à partir de 48 060€ de revenu net.

Côté président de SASU / SAS (assimilé salarié) :

Au-delà de 1 PASS, 48 060 euros brut pour un assimilé salarié, vous cotisez en Agirc-Arrco Tranche 2 : vous payez plus, et vous continuez à fabriquer des points sur cette partie du revenu. 

Côté TNS :

La logique n’est pas “moins de retraite”, en effet, en TNS, au-delà de 48 060 €, vous continuez à générer des droits, mais un peu moins que ce que génère un assimilé salarié. Donc, au-delà de 48 060 € de revenu net, si vous voulez une retraite équivalente à l’assimilé salarié, il faut construire volontairement la tranche haute.

Et c’est là que beaucoup se trompent : ils comparent un système automatique (assimilé salarié) à un système pilotable (TNS)… en oubliant que pilotable ne veut pas dire “moins bien”, ça veut dire “vous décidez”.

Remarque : le TNS réalise une économie de charges sociales par rapport à un assimilé salarié. Une partie de cette économie peut ensuite être réallouée à la retraite afin d’atteindre un niveau comparable à celui d’un salarié, voire supérieur si vous le souhaitez. Cela, tout en conservant une baisse du coût social global.

 

5) Le contrepoids qui change tout : le TNS transforme l’économie de charges en retraite “à la carte”

  • Vous réalisez une économie de charges sociales en passant d’une logique assimilé salarié à une logique TNS (à situation comparable).
  • Et au lieu de “consommer” toute cette économie en net court terme, vous pouvez en réallouer une partie au bon endroit : la retraite sur la tranche haute.

En clair :

  • en SASU, vous “fabriquez” une retraite plus automatiquement sur les tranches élevées… mais c’est aussi parce que vous payez plus automatiquement.
  • en TNS, vous avez une zone où la retraite est proche jusqu’au PASS, puis une zone où vous devez piloter (et donc choisir) ce que vous voulez obtenir.

Le mythe, ce n’est pas que le TNS a une mauvaise retraite ; le mythe, c’est de croire qu’une retraite est meilleure parce qu’elle est automatique.

 

6) La méthode (simple) : piloter sans “retourner la table”

La bonne approche n’est pas de tout casser, c’est de calibrer :

  • Rémunération
  • Niveau de protection sociale
  • Charge fiscale et cotisations sociales

Une méthode simple consiste à raisonner ainsi :

  1. Objectif retraite : quel niveau visez-vous (montant en €) ?
  2. Seuil PASS : votre revenu dépasse-t-il 48 060 € (2026) ? 
  3. Tranche haute : si oui, quelle part de votre revenu est au-delà du PASS ?
  4. Réallocation : sur la différence de coût social entre assimilé salarié et TNS, quelle part réallouer à une construction retraite (et/ou protection) ?
  5. Cohérence globale : retraite + protection sociale + fiscalité + capacité d’investissement.

C’est ça, une optimisation structurelle : pas une astuce, mais un arbitrage chiffré.

 

7) “Et si j’ai été salarié/cadre avant ?” Rien ne se perd.

Autre peur fréquente (et très rationnelle) : “si je change, je perds ce que j’ai déjà cotisé”.

La réalité :
vos droits acquis restent acquis.
Vos trimestres et points déjà cotisés ne s’effacent pas : chaque régime calculera sa part le moment venu.

Votre carrière n’est pas “un seul statut”. Elle est souvent mixte (salariat, entrepreneuriat, etc.), et la retraite se calcule par empilement de droits.

 

8) Le résumé en 6 lignes (à garder en tête)

  • En 2026, 1 PASS = 48 060 €
  • Jusqu’à ~1 PASS, l’écart de retraite entre TNS et président de SASU est infime.
  • Au-delà, l’assimilé salarié continue de cotiser “par défaut” via la Tranche 2 Agirc-Arrco
  • Le TNS ne “perd” pas sa retraite : il doit piloter la tranche haute s’il veut une équivalence.
  • Le vrai levier, c’est de réallouer une partie de l’économie de charges pour construire retraite + protection au bon endroit.
  • La bonne décision se prend au chiffrage, pas à l’intuition.

 

9) Pour aller plus loin (logique globale, sous 180 000 €)

Si vous êtes en SAS/SASU et que vous vous rémunérez en salaire et/ou dividendes, l’arbitrage “retraite” ne se traite pas isolément : il se traite avec charges + fiscalité + protection sociale + trajectoire d’investissement.

➡️ C’est exactement l’objet de notre article : Optimiser sa rémunération en SASU / SAS : salaire, dividendes ou changement de statut (sous 180 000 €)
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FAQ 

Le TNS a-t-il une “mauvaise retraite” ?

Non. Jusqu’à 1 PASS, la mécanique est souvent proche. La vraie différence apparaît surtout sur la tranche au-delà du PASS : en TNS, il faut piloter la tranche haute, on ne cotise pas automatiquement.

Pourquoi le PASS est-il si important ?

Parce qu’il sert de repère aux tranches de cotisation Agirc-Arrco (T1 jusqu’à 1 PASS, T2 entre 1 et 8 PASS) et structure une grande partie des comparaisons. 

Un président de SASU / SAS cotise-t-il toujours plus pour sa retraite ?

Il cotise souvent plus automatiquement sur les tranches élevées (Tranche 2), ce qui fabrique des points… mais ce coût n’est pas “gratuit”. L’intérêt du TNS est de reprendre la main : décider du niveau de retraite cible et l’atteindre de façon plus pilotable.

Si j’ai été salarié pendant 10–20 ans, je perds ces droits en devenant TNS ?

Non. Vos droits déjà acquis restent acquis, et chaque régime calculera sa part.

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