Dividendes SASU : pourquoi “30%” / "31,4%" est faux (IS + PFU, exemple 100 000 €)
Dividendes SASU / SAS : pourquoi “30%” ou "31,4% depuis 2026" est faux (IS + PFU, exemple 100 000 €)
Quand vous tapez “dividendes SASU / SAS 30%-31,4%”, vous cherchez généralement une réponse rapide :
“Est-ce vrai qu’un dividende ne coûte que 30%-31,4% ?”
La réalité est simple, et c’est le point que presque personne n’explique correctement :
Le “30%-31,4%" (flat tax / PFU) ne s’applique qu’après un premier frottement : l’impôt sur les sociétés (IS).
Et surtout : le dividende n’est pas déductible, contrairement au salaire.
Donc, dans une SASU / SAS, dire “dividendes = 30% ou 31,4%” est une simplification qui fait rater le vrai calcul.
Je vais volontairement prendre un exemple très grossier, uniquement pour illustrer la logique.
1) Le mythe à casser : “le dividende ne coûte que 30%-31,4%”
Pourquoi cette phrase est trompeuse ?
Parce qu’elle oublie 2 choses :
Le dividende est versé sur un résultat déjà taxé à l’IS
Le dividende n’est pas déductible, donc il ne réduit pas la base imposable de la société
Résultat : le dividende subit souvent un “double étage” :
IS d’abord (15% à 25% dans mon exemple),
puis flat tax ensuite (12,8% et 18,6% depuis 2026 dans mon exemple).
2) Exemple chiffré : 100 000 € de coût entreprise en dividendes
Hypothèse : 100 000 € de “capacité” côté entreprise
Point clé :
❌ Le dividende n’est pas déductible. Il est versé sur un résultat déjà taxé à l’IS.
Donc, sur ces 100 000 € :
l’entreprise paie d’abord 15 000 à 25 000 € d’IS
il reste donc 85 000 à 75 000 € à distribuer
Ensuite, sur ce montant distribué, on applique la flat tax : 12,8 % et 18,6 %
✅ Résultat :
il reste 58 310 à 51 450 €
Soit un taux de charges global cette fois de 41,7 % à 48,5 % sur nos 100 000 € de départ.
👉 C’est exactement ce que cet exemple veut démontrer :
le dividende n’est pas “31,4%”, parce que vous arrivez au PFU après être passé par l’IS.
3) Comparaison rapide : et si on prend tout en salaire ?
Ici aussi, je reprends le même exemple, volontairement simplifié.
Tout prendre en salaire (président de SASU / SAS)
Coût total pour l’entreprise : 100 000 €
Décomposition (simplifiée) :
Cotisations : - 43 677 €
Salaire net avant impôt sur le revenu : 56 323 €
Impôt sur le revenu (personne seule) : - 9 189 € (ici on est dans la TMI à 30 %)
Salaire net après impôt : 47 134 €
Jusqu’ici, on ne regarde que ce que vous encaissez.
Mais il faut ajouter un point essentiel côté entreprise :
✅ Le salaire + les cotisations sont déductibles pour la société.
Ils réduisent donc le bénéfice, et par conséquent la base imposable à l’IS, donc l’IS à payer.
Dans notre exemple, on peut déduire 100 000 € :
cela représente une économie d’IS qui peut aller :
de 15 000 € (si IS à 15 %)
à 25 000 € (si IS à 25 %)
Donc, en intégrant cette économie d’IS dans la logique de comparaison, on obtient :
Pour un coût entreprise de 100 000 € :
Salaire net après impôt : 47 134 €
économie d’IS : + 15 000 à 25 000 €
= 62 134 à 72 134 €
Ce qui revient à un taux de charges de :
37,86 % à 27,86 % sur les 100 000 € dépensés par l’entreprise.
4) Ce que l’exemple démontre (et ce qu’il ne démontre pas)
✅ Ce que l’exemple démontre
Le but ici est de casser le mythe selon lequel « le dividende ne coûte que 30 % ».
Entre prendre 100 000 € entièrement en salaire et 100 000 € entièrement en dividendes, l’exemple montre :
taux de charges sur salaire : 37,86 % à 27,86 %
taux de charges sur dividendes : 41,7 % à 48,5 %
Donc, dans cette logique, le “tout dividendes” n’est pas automatiquement plus efficient.
⚠️ Ce que l’exemple ne démontre pas (et pourquoi la vraie vie est plus complexe)
Un vrai arbitrage doit être fait entre la partie prise en salaire et celle prise en dividendes, parce que :
Prendre tout en salaire sur la part de revenu située dans la TMI à 30 % (dans la taxation du salaire à l’impôt sur le revenu) va nous amener à des taux de charges de 45,5 % à 35 % sur cette tranche, et encore plus dans les TMI suivantes.
Je valorise l’IS économisé sur le salaire comme si je l’encaissais sans frottement, ce qui n’est pas strictement exact, car l’économie d’IS profite à la société et n’est pas directement dans votre poche.
Et surtout, dernier point très important :
✅ Le salaire, contrairement au dividende, permet :
de cotiser pour la retraite
d’avoir une protection sociale
❌ Le dividende ne permet pas de financer sa protection sociale, ni de cotiser pour sa retraite.
(les dividendes = 0 retraite, 0 protection sociale.)
5) Conclusion : casser le mythe, puis aller au vrai sujet
Ce qu’il faut retenir de ce mini-décryptage :
Le dividende “à 31,4%” est une approximation : en SASU / SAS, vous avez d’abord l’IS, puis la flat tax.
Le salaire est pénalisé par les charges sociales, mais il a une force : la déductibilité et les droits sociaux.
Le bon sujet n’est pas “dividendes OU salaire” en mode réflexe. Le bon sujet, c’est l’arbitrage optimal entre les deux sans sacrifier votre retraite ni votre protection sociale.
Et pour être transparent : s’arrêter à ce choix, c’est rester en surface.
En réalité, une fois chiffrés précisément les droits retraite réellement générés, les droits de protection sociale (arrêts, couverture, etc.) et le coût global (charges + fiscalité) de chaque scénario, nous constatons presque toujours la même chose :
Un simple arbitrage salaire/dividende laisse de l’argent sur la table.
C’est exactement le pont vers mon article complet :
Optimiser sa rémunération en SASU : salaire, dividendes ou changement de statut (sous 180 000 €)
où j’explique pourquoi, dans beaucoup de petites structures, la variable qui change vraiment la donne n’est pas “salaire vs dividendes”, mais souvent une optimisation plus structurelle (statut social, cohérence protection/retraite, trajectoire, etc.).
La vraie clé, c’est un changement de statut. Les charges sociales pourraient alors passer d’environ 75 % à 50-20 %. Il existe plusieurs façons d’opérer ce changement. Le choix de l’approche la plus adaptée dépend notamment du bénéfice de l’entreprise, de sa taille et du nombre de salariés : selon votre situation, certaines options seront clairement plus pertinentes que d’autres.
Notre métier : déterminer les modes de rémunération les plus adaptés pour agir sur les charges fiscales et sociales, tout en préservant ou en améliorant la retraite et la protection sociale.
6) FAQ
Pourquoi dit-on que les dividendes coûtent 30-31,4% ?
Parce qu’on parle de la flat tax (PFU). Mais c’est incomplet : en SASU, le dividende est versé après IS.
Dividendes SASU : pourquoi ce n’est pas “IS + 30%” exactement ?
Le mécanisme réel dépend du résultat, du taux d’IS applicable et de la fiscalité du bénéficiaire. Mon exemple sert à montrer la logique : IS d’abord, PFU ensuite.
Salaire ou dividendes en SASU : qu’est-ce qui est “mieux” ?
Ça dépend : niveau de revenu, TMI, besoin de protection sociale et stratégie globale. L’arbitrage doit être chiffré.
Est-ce que les dividendes donnent des droits (retraite, arrêt maladie) ?
Non : les dividendes ne génèrent pas de droits. Seule une rémunération (salaire assimilé salarié / rémunération TNS) génère des droits.
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